par Geoffrey Reiser | 14 Mar, 2026 | Dossiers
Sécheresse et fissures : le fléau silencieux qui touche des milliers de maisons en France
Chaque année, la sécheresse provoque l’apparition de fissures sur des milliers de maisons individuelles en France, principalement dans les zones de sols argileux. Ce phénomène, appelé retrait-gonflement des argiles (RGA), est devenu la deuxième cause d’indemnisation au titre des catastrophes naturelles, derrière les inondations. Si votre maison présente des fissures apparues après un épisode de sécheresse, voici ce que vous devez savoir pour comprendre le phénomène et faire valoir vos droits.
Qu’est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?
Le mécanisme en jeu
Les sols argileux ont la particularité de varier en volume en fonction de leur teneur en eau. En période de sécheresse, l’argile se rétracte (retrait), créant un tassement différentiel du sol sous les fondations. Lorsque les pluies reviennent, le sol gonfle et reprend du volume, mais pas nécessairement de manière uniforme. Ces mouvements alternés exercent des contraintes mécaniques sur les fondations qui se transmettent aux murs sous forme de fissures, parfois en quelques semaines seulement.
Les zones les plus exposées
Selon le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), plus de 10 millions de maisons individuelles sont situées en zone d’exposition moyenne à forte au RGA en France. Les régions les plus touchées sont l’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine, le Centre-Val de Loire, l’Île-de-France et les Hauts-de-France. Le site Géorisques (georisques.gouv.fr) permet de vérifier l’exposition de votre parcelle.
Comment reconnaître les fissures liées à la sécheresse ?
Les signes caractéristiques
Les fissures liées au RGA présentent des caractéristiques spécifiques : elles sont souvent obliques (en escalier dans les murs en parpaings ou briques), apparaissent aux angles des ouvertures (fenêtres, portes), et touchent fréquemment la jonction entre le bâtiment principal et une extension. Elles s’aggravent pendant les périodes sèches et peuvent se stabiliser ou se refermer partiellement en période humide.
Les autres signes d’alerte
Au-delà des fissures visibles, d’autres indices doivent vous alerter : portes et fenêtres qui ne ferment plus correctement, décollement du carrelage, fissures dans les dalles de sol, décalage entre le bâtiment et les aménagements extérieurs (terrasse, muret). Ces signes témoignent de mouvements de fondations en cours.
La procédure de reconnaissance de catastrophe naturelle
Le rôle de la commune
Pour que les dommages liés à la sécheresse soient indemnisables au titre du régime cat nat, votre commune doit faire l’objet d’un arrêté interministériel de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. C’est le maire qui dépose la demande auprès de la préfecture, généralement après sollicitation des habitants. La commission interministérielle examine les demandes et publie les arrêtés au Journal officiel.
Les critères de reconnaissance
Pour la sécheresse, les critères sont techniques et météorologiques : la commission analyse les données géotechniques du sol et les indices d’humidité sur la période concernée. Toutes les communes ne sont pas reconnues, et le processus peut prendre plusieurs mois, voire plus d’un an. Le suivi des arrêtés publiés est essentiel — nous publions régulièrement des articles dédiés par département sur notre site.
Vos démarches après publication de l’arrêté
Dès la publication de l’arrêté au Journal officiel, vous disposez d’un délai de 30 jours pour déclarer votre sinistre auprès de votre assureur. Ce délai est impératif. Votre assureur mandate ensuite un expert pour évaluer les dommages. Vous avez le droit de vous faire assister par un expert d’assuré tout au long de la procédure.
L’expertise technique : une étape déterminante
Ce que l’expert évalue
L’expertise d’un sinistre sécheresse est particulièrement technique. L’expert doit déterminer le lien de causalité entre l’épisode de sécheresse et les désordres observés, évaluer la nature et la profondeur des fondations, analyser le type de sol (étude géotechnique si nécessaire), et chiffrer les travaux de réparation conformes aux règles de l’art (reprise en sous-œuvre, micro-pieux, injection de résine expansive, drainage).
Pourquoi un expert bâtiment indépendant fait la différence
Les sinistres sécheresse sont parmi les plus complexes en expertise bâtiment. Le chiffrage des réparations peut varier considérablement selon l’analyse technique retenue. Un expert en bâtiment indépendant, spécialiste des pathologies de fondations et du RGA, apporte un second avis technique complémentaire qui permet de s’assurer que l’évaluation prend en compte l’intégralité des travaux nécessaires.
Les travaux de réparation courants
Selon la gravité des désordres, les solutions techniques vont de la simple surveillance (pose de témoins, suivi fissurimétrique) aux reprises en sous-œuvre par micro-pieux ou longrines. Dans les cas intermédiaires, l’injection de résine expansive peut stabiliser les fondations. L’imperméabilisation périphérique et le drainage contribuent à réduire les variations hydriques du sol autour du bâtiment. Le choix de la solution dépend d’une analyse technique rigoureuse — c’est précisément le rôle de l’expert bâtiment.
Prévenir le risque RGA
Si vous construisez ou rénovez en zone argileuse, plusieurs précautions réduisent significativement le risque : fondations adaptées à la profondeur d’ancrage recommandée par l’étude de sol (étude G2, obligatoire depuis 2020 en zone d’exposition pour les maisons individuelles conformément à la loi ELAN), maintien d’une distance suffisante entre les arbres et le bâtiment (la règle usuelle est de respecter une distance égale à au moins la hauteur adulte de l’arbre), et gestion des eaux pluviales pour éviter les variations brutales d’humidité du sol.
Ce qu’il faut retenir
La sécheresse et le RGA sont un risque majeur pour les maisons en zone argileuse. Si votre maison présente des fissures suspectes, ne tardez pas à faire appel à un expert bâtiment pour documenter les désordres, vérifiez si votre commune a fait l’objet d’un arrêté cat nat, et déclarez votre sinistre dans les 30 jours suivant sa publication. Un accompagnement technique indépendant est particulièrement recommandé sur ces dossiers complexes.
Fissures sur votre maison après un épisode de sécheresse ? Appelez Assistance Expertise Bâtiment au 09 70 24 68 44.
par Geoffrey Reiser | 12 Mar, 2026 | Dossiers
Contre-expertise assurance habitation : un droit fondamental du sinistré
Après un sinistre touchant votre habitation, votre assureur mandate un expert pour évaluer les dommages. Si la proposition d’indemnisation qui en découle vous semble insuffisante ou incomplète, vous avez le droit de demander une contre-expertise. Ce droit, prévu par le Code des assurances, vous permet de faire appel à un expert de votre choix pour produire une analyse technique indépendante de votre dossier.
Chez Assistance Expertise Bâtiment, nous accompagnons chaque année des dizaines de sinistrés dans cette démarche, partout en France. Voici comment fonctionne la contre-expertise et dans quels cas elle est pertinente.
Qu’est-ce qu’une contre-expertise en assurance habitation ?
Définition et cadre légal
La contre-expertise est une procédure par laquelle le sinistré mandate son propre expert — appelé expert d’assuré — pour produire une évaluation indépendante des dommages. Cette démarche est un droit reconnu par le Code des assurances : l’assureur ne peut ni s’y opposer, ni pénaliser l’assuré qui y recourt. La contre-expertise débouche sur un échange technique entre les deux experts (celui de l’assureur et celui de l’assuré) dans le cadre d’une expertise contradictoire.
Ce que la contre-expertise n’est pas
La contre-expertise n’est pas une procédure judiciaire. Elle s’inscrit dans un cadre amiable et vise à aboutir à un accord entre les parties. Elle ne signifie pas non plus que l’expert d’assurance a fait un mauvais travail : elle apporte simplement un second regard technique qui peut enrichir l’analyse, identifier des dommages supplémentaires ou activer des garanties contractuelles que le sinistré ne connaissait pas.
Quand demander une contre-expertise ?
L’indemnisation proposée semble insuffisante
C’est le cas le plus fréquent. Après un dégât des eaux, un incendie ou tout autre sinistre, l’évaluation de l’expert d’assurance peut ne pas refléter l’intégralité des dommages subis. Des postes peuvent être oubliés (dommages consécutifs, relogement, frais annexes), des chiffrages sous-estimés par rapport aux devis réels des artisans locaux, ou des garanties contractuelles non mobilisées.
Le sinistre est complexe ou de grande ampleur
Incendie partiel, catastrophe naturelle avec atteinte aux fondations, dégâts structurels nécessitant une expertise technique poussée : plus le sinistre est important, plus un second avis technique se justifie. L’expert d’assurance, qui gère un volume conséquent de dossiers, ne peut pas toujours consacrer le temps nécessaire à une analyse exhaustive des sinistres les plus complexes.
Vous ne comprenez pas le rapport d’expertise
Un rapport d’expertise contient des termes techniques, des conventions de chiffrage et des références contractuelles qui ne sont pas toujours accessibles. Si vous n’êtes pas en mesure d’évaluer la pertinence des conclusions, un expert d’assuré pourra vous les expliquer et vous indiquer si une contre-expertise est justifiée ou non.
Comment se déroule une contre-expertise ?
Étape 1 : Le choix de votre expert
Vous êtes libre de choisir l’expert de votre choix. Privilégiez un professionnel spécialisé dans le type de sinistre concerné. Pour les dommages au bâti (structure, fondations, toiture, étanchéité), un expert en bâtiment indépendant sera plus pertinent qu’un expert généraliste. Vérifiez son expérience, ses références et ses conditions de rémunération avant de signer le mandat.
Étape 2 : L’analyse du dossier
Votre expert prend connaissance du rapport d’expertise initial, analyse votre contrat d’assurance en détail (garanties, exclusions, franchises, plafonds) et effectue sa propre visite technique sur les lieux du sinistre. Il produit ensuite un rapport indépendant avec son propre chiffrage des dommages.
Étape 3 : L’expertise contradictoire
Les deux experts se réunissent pour confronter leurs analyses. C’est un échange technique professionnel qui aboutit, dans la grande majorité des cas, à un accord amiable. Un procès-verbal d’expertise commune est signé, fixant le montant définitif des dommages.
Étape 4 : En cas de désaccord
Si les deux experts ne parviennent pas à s’accorder, la plupart des contrats d’assurance prévoient la désignation d’un tiers expert dont l’avis tranchera. Cette situation reste minoritaire. En dernier recours, le litige peut être porté devant les tribunaux.
Combien coûte une contre-expertise ?
Les honoraires de l’expert d’assuré sont à votre charge, selon des modalités variables : pourcentage de l’indemnisation obtenue (généralement entre 5 et 15 %), forfait, ou barème professionnel. Deux points importants à vérifier dans votre contrat :
La garantie honoraires d’expert : certains contrats multirisque habitation prévoient une prise en charge totale ou partielle des frais d’expert d’assuré. Cette garantie est souvent méconnue des assurés.
La protection juridique : votre contrat peut inclure une garantie protection juridique qui couvre les frais de conseil et d’assistance en cas de litige avec l’assureur, y compris les honoraires d’expert.
Les erreurs à éviter
Accepter trop vite l’indemnisation proposée
Une fois que vous avez signé l’accord d’indemnisation, il est très difficile de revenir en arrière. Prenez le temps de comparer la proposition avec des devis réels d’artisans. En cas de doute, consultez un expert avant d’accepter.
Attendre trop longtemps
Plus la contre-expertise est demandée tôt, plus elle sera efficace. L’expert d’assuré pourra constater les dommages dans leur état initial, avant que des réparations provisoires ou des dégradations supplémentaires ne compliquent l’analyse.
Choisir un expert non spécialisé
Pour les sinistres touchant le bâti, un expert en bâtiment avec une connaissance des pathologies du bâtiment, des normes constructives et des mécanismes assurantiels sera bien plus efficace qu’un professionnel généraliste.
Ce qu’il faut retenir
La contre-expertise est un droit qui vous permet de faire évaluer votre sinistre par un expert indépendant. C’est une démarche amiable, constructive, qui aboutit dans la grande majorité des cas à un accord entre les parties. L’essentiel est de ne pas accepter une indemnisation sans avoir pris le temps de vérifier qu’elle couvre l’intégralité de votre préjudice.
Besoin d’un second avis technique sur votre sinistre ? Appelez-nous au 09 70 24 68 44 ou utilisez notre formulaire de contact.
par Geoffrey Reiser | 10 Mar, 2026 | Dossiers
Garantie décennale : une protection essentielle pour votre construction
La garantie décennale est l’un des piliers du droit de la construction en France. Prévue par les articles 1792 et suivants du Code civil, elle impose aux constructeurs une responsabilité de plein droit pendant 10 ans après la réception des travaux pour les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Pour le maître d’ouvrage — particulier, professionnel ou collectivité — c’est une garantie fondamentale qu’il convient de bien comprendre.
Chez Assistance Expertise Bâtiment, nous intervenons quotidiennement sur des sinistres relevant de la garantie décennale. Cet article vous donne les clés pour comprendre son fonctionnement, ses limites et le rôle de l’expert bâtiment dans sa mise en œuvre.
Qu’est-ce que la garantie décennale ?
Le cadre juridique
La garantie décennale est une responsabilité légale d’ordre public, ce qui signifie qu’aucune clause contractuelle ne peut l’écarter ou la limiter. Elle s’applique automatiquement à tout constructeur intervenant sur un ouvrage : entrepreneur, architecte, maître d’œuvre, bureau d’études, contrôleur technique, mais aussi fabricants de composants intégrés (EPERS). L’article 1792 du Code civil en définit le périmètre : les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou d’équipement, le rendent impropre à sa destination.
Le point de départ : la réception des travaux
Le délai de 10 ans court à partir de la réception des travaux, acte juridique par lequel le maître d’ouvrage accepte l’ouvrage avec ou sans réserves. Cette date est donc capitale : sans procès-verbal de réception, il peut être difficile de faire valoir la garantie décennale. C’est pourquoi nous recommandons systématiquement de formaliser cette étape, idéalement avec l’assistance d’un expert indépendant.
Quels dommages sont couverts ?
Atteinte à la solidité de l’ouvrage
Les désordres de fondations, les fissures structurelles traversantes, l’effondrement partiel d’un mur porteur, les défauts de charpente compromettant la stabilité du bâtiment : tous ces sinistres relèvent de la décennale dès lors qu’ils menacent la pérennité de la construction.
Impropriété à destination
Un logement qui présente des infiltrations majeures rendant certaines pièces inhabitables, un système de chauffage défaillant rendant le bâtiment inconfortable en hiver, des défauts d’étanchéité de toiture provoquant des dégâts récurrents : ces situations, même si elles ne menacent pas directement la structure, rendent l’ouvrage impropre à l’usage auquel il est destiné et relèvent de la garantie décennale.
Les équipements indissociables
Un équipement est considéré comme indissociable lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement ne peut se faire sans détérioration ou enlèvement de matière de l’ouvrage. Canalisations encastrées, chauffage au sol, installation électrique intégrée aux murs : ces éléments font partie de l’ouvrage au sens de la décennale. Les équipements dissociables (chaudière, volets roulants, robinetterie) relèvent quant à eux de la garantie de bon fonctionnement de 2 ans.
Garantie décennale et assurance : le lien avec la dommages-ouvrage
L’obligation d’assurance du constructeur
Tout constructeur est tenu de souscrire une assurance de responsabilité civile décennale avant l’ouverture du chantier (article L241-1 du Code des assurances). Le défaut d’assurance est un délit pénal. En pratique, le maître d’ouvrage doit vérifier l’attestation d’assurance décennale de chaque intervenant avant le début des travaux et conserver ces documents précieusement pendant toute la durée de la garantie.
L’assurance dommages-ouvrage côté maître d’ouvrage
Symétriquement, le maître d’ouvrage doit souscrire une assurance dommages-ouvrage (DO) avant le début des travaux. Cette assurance permet un préfinancement rapide des réparations, sans attendre la détermination des responsabilités. L’assureur DO indemnise d’abord, puis se retourne contre le constructeur et son assureur décennale. Sans DO, le sinistré doit agir directement contre le constructeur, une procédure souvent longue et incertaine.
Les situations fréquentes en pratique
Fissures apparues après réception
C’est le cas le plus courant. Des fissures apparaissent dans les mois ou années suivant la réception, évolutives, traversantes, affectant la structure. L’expert bâtiment intervient pour déterminer si ces fissures relèvent de la décennale (atteinte structurelle) ou de désordres esthétiques (hors périmètre). Cette distinction est technique et nécessite une analyse approfondie : nature du sol, type de fondations, étude des mouvements, relevé fissurimétrique.
Malfaçons découvertes à l’usage
Certains défauts ne se révèlent qu’avec le temps : malfaçons d’étanchéité, défauts d’isolation thermique provoquant des ponts thermiques importants, problèmes de drainage entraînant des remontées d’humidité. L’enjeu est de démontrer que le dommage existait en germe au moment de la réception, même s’il ne s’est manifesté que plus tard.
Constructeur en faillite ou disparu
Si le constructeur a cessé son activité, son assurance décennale reste mobilisable pendant toute la durée de la garantie. L’assureur ne peut pas refuser de couvrir un sinistre au motif que l’entreprise n’existe plus. C’est l’un des intérêts majeurs de l’obligation d’assurance : la protection survit à la disparition du constructeur.
Le rôle de l’expert bâtiment indépendant
Dans un sinistre décennal, l’expert bâtiment indépendant intervient comme conseil technique du maître d’ouvrage. Son rôle est multiple : constater les désordres, en analyser les causes techniques, vérifier s’ils relèvent du périmètre de la décennale, évaluer le coût des réparations conformes aux règles de l’art, et accompagner le sinistré dans ses démarches auprès de l’assureur ou du constructeur.
Chez Assistance Expertise Bâtiment, nos experts maîtrisent les normes constructives (DTU, réglementations en vigueur), les mécanismes assurantiels et les procédures d’expertise. Qu’il s’agisse d’une extension, d’une construction neuve ou d’une rénovation lourde, nous apportons un regard technique objectif pour sécuriser votre dossier.
Les délais à connaître
La garantie décennale court pendant 10 ans à compter de la réception. Mais attention aux délais de prescription pour agir : depuis la loi du 17 juin 2008, l’action en responsabilité décennale se prescrit par 10 ans à compter de la manifestation du dommage (ou de son aggravation), dans la limite du délai butoir de 20 ans à compter de la réception. En pratique, dès que vous constatez un désordre, agissez rapidement : faites constater les dommages par un expert, déclarez le sinistre à votre assureur DO et adressez une mise en demeure au constructeur par courrier recommandé.
Ce qu’il faut retenir
La garantie décennale protège le maître d’ouvrage contre les dommages graves pendant 10 ans après réception. Elle s’applique de plein droit, sans qu’il soit nécessaire de prouver une faute du constructeur. Pour la mobiliser efficacement, trois réflexes : formaliser la réception des travaux, conserver les attestations d’assurance décennale, et faire appel à un expert bâtiment indépendant dès l’apparition de désordres suspects.
Vous constatez des désordres sur votre construction ? Contactez Assistance Expertise Bâtiment au 09 70 24 68 44 pour un premier diagnostic technique.
par Geoffrey Reiser | 10 Mar, 2026 | Dossiers
Assurance dommages-ouvrage : la protection indispensable du maître d’ouvrage
L’assurance dommages-ouvrage (DO) est une obligation légale pour tout maître d’ouvrage qui fait réaliser des travaux de construction. Prévue par l’article L242-1 du Code des assurances, elle garantit un préfinancement rapide des réparations en cas de sinistre relevant de la garantie décennale, sans attendre la détermination des responsabilités. Pourtant, elle reste méconnue et parfois négligée, avec des conséquences potentiellement lourdes.
Qu’est-ce que l’assurance dommages-ouvrage ?
Le principe de préfinancement
Le mécanisme de la DO repose sur un principe simple mais puissant : en cas de dommage de nature décennale, l’assureur DO indemnise le maître d’ouvrage dans un délai encadré (60 jours pour notifier sa décision après réception de la déclaration complète, puis 90 jours pour proposer une indemnisation), sans qu’il soit nécessaire de déterminer les responsabilités. L’assureur se retourne ensuite contre le ou les constructeurs responsables et leurs assureurs décennaux. C’est le mécanisme de subrogation.
Qui doit la souscrire ?
La DO doit être souscrite par le maître d’ouvrage — c’est-à-dire celui qui fait réaliser les travaux — avant l’ouverture du chantier. Cela concerne les particuliers faisant construire leur maison, les promoteurs, les copropriétés engageant des travaux lourds, mais aussi les particuliers réalisant certains travaux de rénovation touchant la structure ou les éléments indissociables du bâtiment.
Quels travaux sont concernés ?
Construction neuve
Toute construction neuve (maison individuelle, immeuble, extension) est soumise à l’obligation de DO. C’est le cas le plus courant et le plus évident.
Travaux de rénovation lourde
Les travaux de rénovation sont également concernés dès lors qu’ils touchent la structure ou les éléments constitutifs de l’ouvrage : extension de maison, surélévation, reprise de fondations, réfection complète de toiture avec modification de charpente, création de trémie dans un plancher porteur. La frontière entre travaux soumis et non soumis n’est pas toujours évidente — en cas de doute, consultez un professionnel.
Que se passe-t-il sans dommages-ouvrage ?
L’absence d’assurance n’annule pas la garantie décennale
Les constructeurs restent responsables de plein droit pendant 10 ans, que vous ayez souscrit une DO ou non. Mais sans DO, vous devrez agir directement contre le constructeur et son assureur décennal pour obtenir réparation. Cela implique une procédure souvent longue (expertise judiciaire, assignation, jugement), coûteuse et incertaine, surtout si le constructeur a disparu entre-temps.
L’impact sur la revente
En cas de revente du bien dans les 10 ans suivant l’achèvement des travaux, l’absence de DO doit être signalée à l’acquéreur. C’est un point de vigilance majeur lors d’une expertise avant achat immobilier : l’absence de DO fragilise la position de l’acquéreur en cas de sinistre décennal ultérieur et peut affecter la valeur du bien.
Le déroulement d’un sinistre avec la DO
La déclaration
Dès que vous constatez un dommage susceptible de relever de la décennale — fissures structurelles, infiltrations récurrentes, problèmes de fondations — vous adressez une déclaration de sinistre à votre assureur DO par courrier recommandé. La déclaration doit décrire précisément les désordres constatés, leur localisation et leur date d’apparition.
L’expertise
L’assureur mandate un expert pour évaluer les dommages et déterminer s’ils relèvent de la garantie décennale. Vous avez le droit de vous faire assister par un expert bâtiment indépendant lors de cette expertise — c’est même recommandé pour les sinistres complexes ou de grande ampleur.
L’indemnisation
Si le sinistre est reconnu comme relevant de la décennale, l’assureur DO vous adresse une proposition d’indemnisation dans les délais légaux. Vous pouvez l’accepter ou la contester si elle vous semble insuffisante. Les réparations doivent être réalisées conformément aux préconisations de l’expert.
Le coût de l’assurance dommages-ouvrage
Le coût de la DO représente généralement entre 1 % et 5 % du coût total des travaux, selon la nature du projet, sa complexité et l’assureur. Pour une maison individuelle, comptez entre 2 000 et 8 000 euros. C’est un investissement qui peut sembler élevé au moment de la construction, mais qui s’avère déterminant en cas de sinistre : sans DO, les frais de procédure et les délais d’indemnisation peuvent largement dépasser ce montant.
Le rôle de l’expert bâtiment indépendant
Que ce soit lors de la réception des travaux (pour documenter d’éventuelles réserves), lors de la déclaration d’un sinistre DO (pour caractériser les désordres), ou lors de l’expertise contradictoire (pour produire un second avis technique), l’expert bâtiment indépendant apporte une valeur ajoutée technique à chaque étape. Chez Assistance Expertise Bâtiment, nous intervenons sur l’ensemble du territoire français pour accompagner les maîtres d’ouvrage dans la gestion de leurs sinistres décennaux.
Ce qu’il faut retenir
L’assurance dommages-ouvrage est obligatoire, et surtout indispensable. Elle vous garantit un accès rapide à l’indemnisation en cas de sinistre décennal, sans procédure longue ni recherche de responsabilité préalable. Souscrivez-la avant le début des travaux, conservez l’attestation pendant au moins 10 ans, et en cas de sinistre, faites-vous accompagner par un expert bâtiment pour sécuriser votre dossier.
Un sinistre sur votre construction ? Contactez Assistance Expertise Bâtiment au 09 70 24 68 44.
par Geoffrey Reiser | 27 Jan, 2026 | Catastrophe Naturelle
Un arrêté officiel ouvre la voie aux indemnisations
Suite aux fortes précipitations et aux crues qui ont frappé l’Hérault entre le 19 et le 28 décembre 2025, 42 communes du département, dont Montpellier, ont été reconnues en état de catastrophe naturelle. L’arrêté interministériel a été publié au Journal Officiel du 19 janvier 2026.
Cette reconnaissance permet aux sinistrés de bénéficier de l’indemnisation spécifique liée aux catastrophes naturelles, à condition d’avoir souscrit cette garantie dans leur contrat d’assurance habitation.
🕒 Attention : les assurés ont jusqu’au 18 février 2026 pour déclarer leurs dommages auprès de leur compagnie d’assurance.
Des inondations aux conséquences lourdes
Les intempéries de fin décembre ont touché une large partie du département. Des pluies intenses en quelques heures ont saturé les sols, provoqué le débordement de plusieurs cours d’eau (Hérault, Lez, Mosson) et occasionné d’importants dégâts :
- Routes inondées,
- Circulation des tramways suspendue,
- Habitations sinistrées avec jusqu’à 40 cm d’eau à l’intérieur.
À Palavas-les-Flots, Françoise, sinistrée, raconte avoir perdu des souvenirs irremplaçables : « Dans ce carton, il y avait mes albums photos. Ils sont morts, que je sois en catastrophe naturelle ou pas. »
Les 42 communes concernées
Parmi les localités touchées, on retrouve :
Agde Argelliers Bessan Brissac Campagnan Canet Castelnau-le-Lez Cazouls-d’Hérault Combaillaux Fabrègues Félines-Minervois Florensac Frontignan Grabels Juvignac Lattes Lavérune Lézignan-la-Cèbe Mauguio Mireval Montagnac Montferrier-sur-Lez Montpellier Murles Murviel-lès-Montpellier Palavas-les-Flots Pérols Pézenas Pignan Saint-Clément-de-Rivière Saint-Gély-du-Fesc Saint-Georges-d’Orques Saint-Jean-de-Védas Saint-Pons-de-Mauchiens Saint-Privat Saint-Thibéry Saussan Tressan Usclas-d’Hérault Vias Vic-la-Gardiole Villeneuve-lès-Maguelone
Démarches pour être indemnisé
👉 Si vous êtes concerné, voici les étapes à suivre :
- Contactez votre assureur au plus vite, même si vous avez déjà déclaré un sinistre.
- Fournissez les justificatifs des dommages : photos, factures, constats…
- Respectez le délai légal de 30 jours après la publication de l’arrêté.
📌 Pour rappel, l’indemnisation ne pourra intervenir que si votre contrat comporte la garantie « catastrophes naturelles ».
Bon à savoir
💡 Le saviez-vous ?
En France, l’assurance catastrophe naturelle est obligatoire dans les contrats multirisques habitation, mais sa mise en œuvre dépend de la publication d’un arrêté ministériel.
À suivre
Ce type d’événement climatique tend à se multiplier. Il est essentiel de :
- Vérifier les clauses de votre contrat,
- Photographier régulièrement vos biens de valeur,
- Installer des dispositifs de protection (clapets anti-retour, rehaussement des équipements sensibles).
➡️ Vous avez été touché par les inondations ?
Contactez nos experts bâtiment pour faire établir un rapport d’expertise précis et reconnu par les assureurs.
🔍 Demandez votre accompagnement personnalisé